La géolocalisation automobile intéresse les sociétés d’assurances

Les assurances sont de plus en plus intéressées par les possibilités techniques offertes par les outils de géolocalisation automobile. Deux exemples d’applications envisagées par les assureurs : la gestion des jeunes conducteurs et l’optimisation des trajets.

 

La géolocalisation et les jeunes conducteurs automobiles

Les sociétés d’assurance sont toujours préoccupées par les risques financiers majeurs que leur font courir les jeunes conducteurs. Peu expérimentés et parfois un peu inconscients, ceux-ci coûtent chers aux assurances et donc à leur clientèle, par le jeu de la répartition des coûts des primes.
C’est pourquoi certains assureurs souhaitent installer dans les véhicules de leurs jeunes conducteurs un système de géolocalisation permettant de récupérer, quasiment en temps réel, un certain nombre d’informations : horaires, itinéraires et bien sûr vitesse du véhicule. Ces données de géolocalisation permettraient à l’assureur de vérifier le respect des limitations de vitesse par exemple. L’acceptation de l’installation d’un tel système dans le véhicule du jeune conducteur le ferait bénéficier d’avantages tarifaires auprès de la société d’assurances.
Ce projet se heurte pour l’instant au refus d’organismes tels que la Commission Nationale informatique et Libertés (CNIL) en France. Il est d’ailleurs illégal, car la loi interdit en France la constitution de collectes d’infractions par des sociétés de droit privé. Mais les choses évolueront sans doute à terme. Des systèmes expérimentaux existent en effet dans d’autres pays européens, basés sur l’observation de données limitées aux horaires de déplacements et aux trajets utilisés. L’exploitation de ces informations sur la conduite automobile pourrait déboucher sur une tarification d’assurance au kilomètre.

 

L’optimisation des trajets automobiles

Eu égard à l’augmentation constante du prix des carburants, les sociétés d’assurances souhaitent apporter à leurs clients un service innovant basé sur l’utilisation des techniques de géolocalisation automobile. Objectif : apporter une aide à la gestion des trajets routiers pour améliorer la sécurité mais aussi optimiser le prix du kilomètre. La géolocalisation s’installe peu à peu dans l’électronique embarquée dès l’usine par les fabricants automobiles. Les nombreuses données disponibles (encombrements, choix d’un itinéraire, choix d’une heure permettant d’être assuré d’un trajet sans trop de trafic, etc.…) permettent à l’automobiliste de réduire un peu la facture de consommation de carburant. Des études effectuées au Canada et aux USA ont apporté la preuve que la géolocalisation automobile peut inciter les conducteurs à réduire l’utilisation du véhicule et à y avoir recours dans des situations où le trajet sera plus facile.
Ces nouvelles tendances déterminent les assureurs à développer des offres d’assurances auto moins basées sur le modèle assuré (comme c’est le cas encore actuellement) et plus sur la distance parcourue. En définitive, des assurances au forfait kilométrique, avec des services complémentaires (vol, mais aussi assistances diverses) vont apparaître, avec différents bénéfices pour les assurés : diminution de la prime, économie d’énergie (avec répercussions écologiques positives : moins d’émissions, moins de temps perdu dans les bouchons… Pour l’assureur, le risque automobile, qui pèse lourd dans ses résultats globaux, serait à terme mieux maîtrisé.